Maman, crois tu à une fatalité qui nous pousse à reproduire les même comportements que nos parents?
Je me souviens de tes mots dans la dernière lettre que tu m'as laissée, Maman.
Je n'imaginais pas pouvoir aimer comme je l'ai aimée. J'ai cru à elle comme on croit a un rêve. Quand il s'est évanoui, j'ai disparu avec lui. Je pensais agir par courage, par abnégation, mais j'aurais pu refuser d'entendre tous ceux qui m'ordonnaient de ne pas la revoir. Elle avait besoin de sa famille, de ses amis et d'un petit ami avec qui elle a renoué une vraie histoire. Qui suis-je maintenant pour elle autre qu'un inconnu? En tout cas pas celui qui lui fera découvrir le bonheur de la vie. Mais je n'avais pas le droit de briser les équilibres incertains dont elle avait tant besoin.
Je sais ce que tu penses Maman. La vérité est ailleurs, la peur est plurielle. Il m'a fallu du temps pour m'avouer que j'ai eu peur de ne pas savoir l'entrainer au bout de mes rêves, peur de ne pas être a la hauteur, peur de ne pas pouvoir les réaliser, peur de ne pas être finalement l'homme qu'elle attendait, peur de m'avouer qu'elle m'avait oublié...
J'ai pensé mille fois la retrouver, mais la aussi j'ai eu peur qu'elle ne me croit pas, peur de ne pas savoir réinventer le rire a deux, peur qu'elle ne soit plus celle que j'ai aimée, et surtout, peur de la perdre a nouveau, ca, je n'en aurais pas eu la force.
Je suis resté loin d'elle. Mais il n'y a pas de distance assez lointaine quand on aime. Il suffit qu'une femme dans la rue lui ressemble pour que je la voie marcher, que ma main griffonne son nom sur une feuille de papier pour la faire apparaitre, que je ferme les yeux pour voir les siens, que je m'enferme dans le silence pour entendre sa voix .
En restant éloigné c'est aussi ma lâcheté que je fuyais.
J'ai renoncé, Maman, et si tu savais comme je m'en veux, je vis dans la contradiction de cet espoir où la vie nous remettrait en présence l'un de l'autre, sans savoir si j'oserais lui parler. Maintenant il faut que j'avance, je sais que tu me comprendras et que tu m'en voudras pas. Mais ne t'inquiète pas, Maman, je n'ai pas oublié que la solitude est un jardin ou rien ne pousse. Même si aujourd'hui je vis sans elle, je se suis plus jamais seul, puisqu'elle existe quelque part...
Je me souviens de tes mots dans la dernière lettre que tu m'as laissée, Maman.
Je n'imaginais pas pouvoir aimer comme je l'ai aimée. J'ai cru à elle comme on croit a un rêve. Quand il s'est évanoui, j'ai disparu avec lui. Je pensais agir par courage, par abnégation, mais j'aurais pu refuser d'entendre tous ceux qui m'ordonnaient de ne pas la revoir. Elle avait besoin de sa famille, de ses amis et d'un petit ami avec qui elle a renoué une vraie histoire. Qui suis-je maintenant pour elle autre qu'un inconnu? En tout cas pas celui qui lui fera découvrir le bonheur de la vie. Mais je n'avais pas le droit de briser les équilibres incertains dont elle avait tant besoin.
Je sais ce que tu penses Maman. La vérité est ailleurs, la peur est plurielle. Il m'a fallu du temps pour m'avouer que j'ai eu peur de ne pas savoir l'entrainer au bout de mes rêves, peur de ne pas être a la hauteur, peur de ne pas pouvoir les réaliser, peur de ne pas être finalement l'homme qu'elle attendait, peur de m'avouer qu'elle m'avait oublié...
J'ai pensé mille fois la retrouver, mais la aussi j'ai eu peur qu'elle ne me croit pas, peur de ne pas savoir réinventer le rire a deux, peur qu'elle ne soit plus celle que j'ai aimée, et surtout, peur de la perdre a nouveau, ca, je n'en aurais pas eu la force.
Je suis resté loin d'elle. Mais il n'y a pas de distance assez lointaine quand on aime. Il suffit qu'une femme dans la rue lui ressemble pour que je la voie marcher, que ma main griffonne son nom sur une feuille de papier pour la faire apparaitre, que je ferme les yeux pour voir les siens, que je m'enferme dans le silence pour entendre sa voix .
En restant éloigné c'est aussi ma lâcheté que je fuyais.
J'ai renoncé, Maman, et si tu savais comme je m'en veux, je vis dans la contradiction de cet espoir où la vie nous remettrait en présence l'un de l'autre, sans savoir si j'oserais lui parler. Maintenant il faut que j'avance, je sais que tu me comprendras et que tu m'en voudras pas. Mais ne t'inquiète pas, Maman, je n'ai pas oublié que la solitude est un jardin ou rien ne pousse. Même si aujourd'hui je vis sans elle, je se suis plus jamais seul, puisqu'elle existe quelque part...